vendredi 9 mai 2014

overdose de testostérone

trop de testostérone
en formation « women in leadership », on parle d’affirmation de soi, et de comment faire passer nos messages. Notre voix, haut perchée, devient un sujet : il parait que nos messages passent plus difficilement avec nos voix haut perchées ;-((  super…on ne va pas se changer la voix
eh bien messieurs, je veux vous dire que l’inverse est vrai aussi : quand il n’y a que des hommes, qui parlent avec leurs voix d’homme (normale, hein, comme nous, nos voix de femmes), mais surtout avec leur messages super masculins « c’est la guerre » (des prix), « à l’attaque » (du marché), il faut du sang sur les murs (celui de nos concurrents) – si, si, c’est du véridique, du vécu – « on va leur en f. plein la g. », « les écraser », ….etc, etc….eh bien, trop c’est trop, j’ai mon overdose de testostérone.
Et quand il y a trop de testostérone, je n’écoute plus, plus, mais alors plus du tout !
Récemment, lors d’une formation d’entreprise vraiment tip top, de celles qui bouleversent notre train-train, vient à parler, en guest-star, « le général »…et il décrit…je ne sais quoi , il dessine : le cotentin, les plages du débarquement : je vois ses dessins, je reconnais ces plages. Je les vois, je les vis – je suis Normande et du Cotentin - . Je dessine à mon tour sur ma feuille, le cimetière américain, des croix à n’en plus finir, à perte de vue. Et puis l’Eglise de Sainte-mère l’Eglise, celle des films, la vraie, les parachutistes, ceux des films...et les vrais. Je suis dans un autre monde, le mien ? non, le vrai, celui de la vraie vie, et surtout, ici, de la vraie mort. Alors, quand le lendemain matin, les autres intervenants et participants mentionnent tous « ce qu’à dit le général », je me rends compte que je n’étais pas là, que j’étais ailleurs, dans la vraie vie, dans la vraie mort. J’ai loupé les « messages importants » : j’ai fait un blocage total : une overdose de testostérone.
En y repensant, ce n’est pas la première fois. Un mois auparavant : ce n’était pas un général qui intervenait en grande réunion pour les commerciaux, en tant que « motivational speaker », mais un gars du « raid » : pour se présenter, une vidéo genre jeu vidéo, du bruit, des bruits de moteurs ? de hard-rock ? de vroum vroum panpan rythmaient la bande-son, super fort dans les oreilles. Et ceci pour au bout de 2h30 de speaches sur scène, où on a vu défiler 30 hommes et 2 femmes, dont une qui n’a rien dit et l’autre 4 min chrono, en se dépêchant, en parlant vite (et oui, d’une voix haut perché). Et ensuite, que nous raconte ce monsieur, de la prise d’otage, des armes, des fusils à pompes, des grosses chaussures…bref, que du réel, n’est-ce pas ? et tout ça, parait-il pour un message sur la négociation : hé bien non, et heureusement, ce n’est pas ça, la vraie vie, ce n’est pas des batailles ; les vraies négociations, ce ne sont pas des affrontements, des « c’est moi qui ai gagné » ! Non, les mecs, ces messages-là, désolée, mais j’y suis totalement hermétique. Je m’échappe, je regarde mes voisins, j’essaie une ou deux blagues, pour contrebalancer les blagues sexistes sur scène ; je zappe sur mon smartphone, télécharge  les liens twitter sur l’économie solidaire.
Le pire, c’est que je pense que sur le fond, on a les mêmes points de vue, et les mêmes messages à faire passer : une vraie négo, c’est quand tout le monde y gagne à la fin, qu’on a compris les stratégies de l’autre et le pourquoi, qu’on n’a pas l’impression de se faire entuber, ni d’entuber l’autre. Ce n’est ass le monde des bisounours car il y a du travail : trouver nos valeurs et objectifs communs est un vrai job. Mais une négo qui se passe bien se passe dans des éclats de rire, autour d’un bon repas : et ce n’est pas du sang sur les murs, mais plutôt de la mousse au chocolat, voire du champagne qui doit arroser tout le monde.
Et que nous racontait le général  (oui je me suis renseignée tout de même, le lendemain): qu’il n’y a pas de stratégie qui tienne face à la réalité, « la meilleure des stratégie s’effondre au premier coup de canon » : donc, mieux vaut voir la réalité en face, être agile dans ses décisions : c’est bien d’avoir un plan, mais c’est encore mieux d’en changer au besoin. Rester « aware » du monde est ce qu’il y a de plus important.
Hé bien messieurs, pour rester aware, je vous signale que le monde change, et que de plus en plus de femmes sont en face de vous et des discours à prendre.. ;et pour que le message passe, rien de mieux de que de la diversité : diversité de voix, d’images, de prise de parole.
Pour la négociation, prenez n’importe quel exemple de parents d’ados…vous serez entendus de tous…les parents. « je suis d’accord pour ta sortie si les devoirs avant sont faits et que ta chambre est propre » : tu y gagnes – la sortie et j’y gagne : mais surtout on y gagne tous : faire tes devoirs c’est mieux pour toi, et la chambre propre : c’est mieux pour tout le monde !
Pour la stratégie et l’adaptation à la réalité : prenez n’importe quel exemple du quotidien d’un parent de tout petit : quand il a 40 de fièvre malgré les dolipranes et le beau temps et le week-end de 4 jours prévu : on change les plans ;-))
Mais non, les discours boum boum panpan vroum vroum, désolée ca ne marche pas, je fais rapidement mon overdose de testostérone.

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